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jeudi 27 novembre 2014

Rose d'Alger de Nine Moati (suite de "Les Belles de Tunis")

Lu et relu combien de fois !



Sujet :

Nous retrouvons des personnages de "Les Belles de Tunis", leurs enfants, et lieux familier au premier volume de cette saga. Les événements politiques qui vont bouleverser les familles, aussi de l'autre côté de la Méditerranée. Marie et sa mère, de Tunis prennent le chemin d'Alger, invitées par Rose, afin de représenter la famille de Rose à un événement de la famille résidant à Alger. Mais, sa mère à peine arrivée doit repartir à la recherche de son mari, qui a été arrêté, pour ses opinions politiques en tant que journaliste, et dont on n'est sans nouvelles.


Un roman, dans lequel les rebondissements ne manquent pas. 

Extraits :
"La vie éclatait alors avec la même intensité que son soleil. Après leur mariage les Enriquez avait fait construire une petite villa à La Marsa. La présence du Bey, dont le palais occupait une grande partie de la station balnéaire, lui donnait un air aristocratique et décadent. Le résident général de France y possédait aussi, avec La Camillia, le plus beau jardin méditerranéen qui fût et les grandes familles musulmanes y avaient leur demeure. 
Les Tunisois déménageaient massivement dès le mois de juin, désertant la fournaise de la capitale pour le charme ventilé des plages. Maya réservait toujours la même "araba", un grand chariot presque médiéval. Dans son coffre orné de poissons pour le protéger du mauvais oeil, le déménageur entassait, en un désordre connu de lui seul, sommiers, matelas, frigidaire, couscoussiers et chaises-longues. Ce jour-là, Marie portait son maillot sous sa robe pour courir plus vite à la plage.
Les cyprès et les eucalyptus du parc de la Résidence ombrageaient la route torride. L'air de la mer étourdissait Marie, la faisait revivre, la lavait.Elle longeait la grille en bois de la plage privée de la France pour aller rejoindre, à Sainte-Hélène, ses petits amis. Là, année après année, les mêmes se revoyaient autour de L'Arcouest, le cabanon des Bennys où souvent, on consommait une gazouze. On s'allongeait sur le sable blanc, on ne se baignait pas beaucoup - il suffit à un vrai Tunisien de voir la mer pour être heureux ..." 

Mon avis :

Lire ce roman, qui s'accroche à "Les Belles de Tunis" et à "L'Orientale", c'est retrouver toute l'ambiance de la Tunisie que j'ai connue dans ma jeunesse. Les années 1970 où j'ai rencontré des amies tunisiennes, qui m'ont accueillie et fait découvrir la vie tunisienne. Depuis, c'est un peu mon second pays, j'y ai fondé ma famille, et je vis entre France et Tunisie, une vie passionnante, moi aussi, faite de joie et de grandes peurs ces derniers temps, tellement chaotiques. C'est un peu mon histoire aussi, les mariages mixtes et les enfants qui naissent, assis toujours entre deux chaises ! Comment on peu s'attacher viscéralement à un pays, et souffrir de ses déchirements. 

Une saga, que je recommande vivement pour comprendre l'Histoire avec un grand H de la Tunisie.

Pratique : 

Date de parution : 02/05/1991
252 pages - 22.00€
ISBN 9782213027456
Editions : Fayard








Posé sur ma table, George Sand, Les Carnets d'une insoumise.

George Sand, Les carnets d'une insoumise.
de Catherine Hermary-Vieille



Sujet :
Nohant, juin 1876. George Sand vient de rendre son dernier soupir, elle a été enterrée dans le petit cimetière de Nohant, près de celles et ceux, trop tôt disparus,  qui ont été chers à son cœur. Solange, sa fille se retrouve seule, à son tour, dans cette maison, avec ses souvenirs, et la mission de brûler les trois carnets, journaux intimes de sa mère.  Avant de les réduire en cendres, elle s'oblige à les lire, afin de peut-être, mieux connaître cette mère qui lui fut si souvent étrangère, incomprise. 

Nous allons nous retrouver entre ces deux femmes, chacune avec sa version, son ressenti des événements vécus en commun. Un journal à quatre mains en quelque sorte.

Citations :
"A la différence de Maurice, qui vivait dans son ombre, je ne faisais pas parti de son monde. Mon frère aurait pu être un bon peintre, un écrivain de talent, un grand metteur en scène de théâtre. il ne fut que le fils de George Sand. Pour fuir maman, je me suis mariée trop tôt ; j'ai raté ma vie." p.91

"Les pages du carnet lues la veille et ce matin, me trottent encore dans la tête. Je suis sens dessus dessous. La lecture de passages aussi intimes des carnets de maman me procure l'impression d'une voyeuse qui épie à travers le trou d'une serrure." p. 103

Mon avis : 
George Sand, si méconnue, mais pourtant quelle femme captivante ! 
Curieuse vie que celle d'Aurore Dupin, qui fut une des premières femmes à reprendre sa liberté.
Parce que trompée, abusée sentimentalement par son mari, le baron Dudevant, avec deux enfants à sa charge, elle doit travailler pour gagner sa vie. Elle choisi l'écriture, payée à la page au Figaro, puis en publiant des romans.
Il faut lire son "Histoire de ma vie" (Ed. La Pléïade) car les notes sont si essentielles pour comprendre ce que fut son univers ! Tout un roman, il est vrai !

D'abord un peu curieuse de voir ce que l'on pouvait dire de nouveau sur la vie de George Sand, je pensais avoir tout lu ou presque depuis le temps que j'ai travaillé sur ce sujet (1993). Puis, au fil des pages, j'ai retrouvé d'anciennes sensations et j'ai bien apprécié  cette nouvelle et originale façon de présenter un résumé de sa vie si mouvementée. Une femme aux multiples facettes : mère, amante, romancière, journaliste politique, etc. et tant d'autres activités trop ignorées. 

Le seul point défavorable à mon propos, sera la présentation sans chapitres, d'un seul trait, sans point de repère possible, pour retrouver facilement une période de sa vie.