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samedi 27 décembre 2014

Mes coups de cœur de l'année 2014 (suite 2) "La liste de Noël" de Jojo Moyès.


"La Liste de Noël" Jojo Moyès ***
 Alix Paupy (traducteur)

Une note spéciale pour les illustrateurs des livres, toujours magnifiques !
"La Liste de Noël" Jojo Moyès [Ed. Bragelonne]
     Lu sur ma liseuse, une petite nouvelle de quelques pages, évoquant l'angoisse des dernières heures qui restent afin de terminer les achats pour la soirée du réveillon. Tout doit être parfait, parce que la belle-mère, ne ratera pas une occasion de lancer des piques à propos du repas ou  des cadeaux de Noël, et de l'ambiance parfois ...

     C'est la veille du réveillon, il faut faire les dernières courses, tout le monde se précipite dans les magasins. Où trouver ce parfum "Crocus versus" si rare pour la belle-mère que son mari lui a recommandé ?
« Crocus Versus. Il n’y a que la mère de David pour réclamer un parfum dont personne n’a entendu parler. Chrissie a arpenté tout le West End, mais a chaque boutique on lui a répondu : « Non, on ne connaît pas. Essayez plutôt … » [p. 1] 
     Le pudding de chez Waitrose, mais pas de Marks&Spencer :
"Le téléphone sonne, un nouveau message s’affiche.

« Je t’avais bien précisé de prendre le pudding de chez Waitrose ; Tu as acheté celui de Marks&Spencer. Comme tu n’es toujours pas rentrée, j’ai dû faire le déplacement moi-même, et ils n’en ont plus. » [p. 10]
      Et le Stilton, le fromage qui pue, à prendre à la fromagerie de Marylebone.
     Et le téléphone qui n'arrête pas d'envoyer des SMS de son mari, qui lui récite les courses à faire, à ne pas oublier, alors que lui est bien assis, au calme dans son bureau. C'est le burn out ! Elle va craquer, là au milieu de la rue, elle n'en peut plus ...
    
     Puis, un taxi s'approche, un peu comme un bon samaritain, qui va la prendre en charge, l'aider à terminer son parcours du combattant, tout en lui parlant, pour lui remonter le moral, même lui donner de très bon conseil, pour profiter elle aussi, de ces journées de fêtes comme elle le souhaite ...

     Un conte de Noël, moderne, qui va peut-être en faire méditer quelques un(e)s. Tout le monde a le droit à sa période de pause ! 




Pratique : 
Parution : 8 décembre  2014
ISBN 2820519415

Mes coups de cœur de l'année 2014 (suite 1) "L'Héritage Windsmith" de Thierry Gandillot

L'héritage Windsmith de Thierry Gandillot ***


"L'héritage Windsmith" Thierry Gandillot [Nil Editions] 


     Un autre roman écrit par un journaliste, Thierry Gandillot, qui traite d'un problème encore non solutionné totalement de nos jours. 


     Nous sommes en juin 1989, dans une galerie d'art new-yorkaise. Le directeur Peter Sollness, inaugure une nouvelle exposition d'un artiste contemporain par un cocktail. Il envoie une invitation à un de ses amis Léo Windsmith, héritier de l'empire de son grand-père Matthew Windsmith. Le fax que ce dernier reçoit l'intrique : Il voulait le voir "vite" souligné. Voici un très bon prétexte, pour lui présenter Raphaëlle Debloye, une Française diplômée en Histoire de l'art, professeur à Colombia. 
     A partir de cette rencontre, sa vie qu'il croyait réglée comme du papier à musique, va se révéler n'être plus qu'interrogations, de découvertes en découvertes. 
     Une plongée dans le monde de l'Art, des galeristes, des amateurs d'Art, des collectionneurs.
 « Quand le temps sera venu, je te dirai la vérité –enfin ce que tu dois savoir si tu veux exercer ce métier après moi. Jusqu’ici, je t’ai enseigné la théorie. Maintenant, tu découvres la pratique. Je n’avais pas prévu que tu apprennes aussi vite le vrai visage de notre profession, mais après tout, ce n’est peut-être pas plus mal. Le marchand  est comme l‘artiste, il doit se méfier des apparences. Le beau n’est pas la reproduction du vrai. Il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une toile qui prétend rendre compte fidèlement d’un paysage. C’est ce que les impressionnistes avaient compris. » [p.129]
     En même temps, ce roman incite à une relecture de certaines pages de l'Histoire des années précédant la Guerre de 39/45. Alors qu'Hitler commence son ascension politique, est-ce sa mégalomanie qui grandit, avec son ambition de construire son grand Musée, projet que le citoyen moyen ne connaissait peut-être pas. On se pose parfois la question. A-t-il programmé son invasion de l'Europe dans le seul but de vider les Musées ? A-t-il échafaudé son plan de la solution finale, pour faire disparaître les collectionneurs privés, et s'approprier les chefs d'oeuvre en leurs demeures, des centaines des plus beaux trésors de l'art ! 
« … Je crains que vous n’imaginiez pas, justement. Le pillage de l’Europe par les nazis, monsieur, constitue le plus grand hold-up de tous les temps : seize millions d’œuvres d’art ont été volées en moins de dix ans dans les musées des pays occupés ou dans les collections particulières. Non seulement en France, mais aussi en Tchécoslovaquie, Pologne, Belgique et aux Pays-Bas pour ne citer que les principaux. A lui seul, Hitler avait détourné dix mille chefs-d’œuvre de la culture européenne. » [p.257]
     Je ne peux pas ignorer un film sur le sujet, à la gloire d'une femme, Rose Valand, qui a produit un travail colossal, en tenant des registres où toutes les opérations de saisie et de suivi des œuvres fut mentionnées ; sur les écrans sorti en mars 2014, "Monuments Men" réalisé par George Clooney  (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=201434.html)

Pratique : 
Parution : 1 Mars 1996
Format : 140 x 225 mm
Nombre de pages : 368
Prix : 120.00 F (18,55 €)
ISBN : 2-8411-1040-0


    N.B. : Ce livre est une première édition publié en 1996, mais l'actualité qui a dépassé la fiction, en faisant ressortir des chefs d'oeuvre dans des appartements suite à des décès d'anciens soldats allemands, qui avaient pris leur butin personnel, a permis une nouvelle édition avec certainement des mises à jour. Une nouvelle lecture en 2015 à prévoir. 



Mes coups de cœur de l'année 2014 "Je suis Pilgrim" Terry Hayes

     Samedi 27 décembre 2014, l'année est presque terminée, quelques bons livres vont rester dans ma mémoire, avec leurs personnages qui semblent parfois tellement vrais ! Je vais donc récapituler ci-dessous, mes belles lectures.

     Cette année le Père Noël m'a offert une liseuse ! Une Kobo Aura, moi qui était jusque-là assez réfractaire à ces nouvelles technologies, j'admets quelques avantages que je vais développer ici. [http://fr.kobo.com/koboaura#overview]

     J'aime tellement mes livres, que lorsque je dois partir pour plusieurs mois parfois, je suis toujours un peu déchirée, de devoir me séparer de mes livres. La liseuse va me permettre de solutionner ce problème, il me suffit de télécharger les titres que je souhaite emporter.

     Avez-vous lu "Je suis Pilgrim", de Terry Hayes (600 pages) , ou encore la trilogie "Le Siècle" de Ken Follett, Le premier volume "La Chute des Géants" (1008 pages) ? Vous pouvez tenir ces livres dans les mains, lorsque vous êtes dans votre lit, la tête sur l'oreiller, prêt à dormir ? Le livre vous tombe des mains littéralement ! La liseuse, quel confort ! Peu importe le nombre de pages de votre livre, la liseuse pèse toujours 174 g ! Avec en plus pour les insomniaques comme moi, les réveille tôt, la possibilité de lire au calme, sans gêner son partenaire, grâce à la lumière incorporée réglable ! 

     Bon, en plus de cette merveille de la technologie, je dois revenir au bon vieux livre papier, objet tant convoité pour ma bibliothèque, et présenter mes lectures de décembre et peut-être aussi d'autres des mois précédents qui me reviennent en mémoire.

-=-=-

"Je suis Pilgrim", de Terry Hayes  ****
Traduit de l'anglais par Sophie Bastide-Foltz


Je suis Pilgrim, Terry Hayes, Hachette
        Terry Hayes, ancien journaliste, auteur de scénarios portés à l'écran, nous propose là un pavé de 600 pages, classé par Hachette dans sa collection Thriller. Une histoire montée comme dans un film, un scénario qui nous fait parcourir le Monde, sur les pas de deux personnages. Pilgrim, [le Bon] celui qui n'existe pas matériellement, un être imaginé de toute pièce par les services secrets américains, qui part à la recherche d'une tête nucléaire, qui pour être une bombe, n'est pas celle que l'on croit. Et le Sarrasin, [le Méchant] le terroriste. Son histoire, le drame qui a fait basculer sa vie, vers d'autres drames ...

« Edmund Burke disait que le problème avec la guerre, c’est qu’elle entraîne la disparition des valeurs mêmes pour lesquelles vous combattez –la justice, la morale, l’humanité -, et je ne pouvais m’empêcher de penser au nombre de fois où j’avais transgressé les valeurs les plus importantes de notre pays pour les défendre. »  [chapitre 12 - p. 61]

     En même temps, que l'on découvrira l'histoire de ces hommes, leur vécu, les événements qui les ont fait devenir ce qu'ils sont. Nous voilà plongé dans les cuisines (au sens propre comme au figuré) des services secrets américains. 

     N'oubliez pas votre passeport, vos cartes IGN, Google maps, pour vous retrouver sur la planète ! 
  J'ai bien aimé ce voyage aussi dans l'âme humaine. Qu'est ce qui peut faire qu'un enfant vivant dans une famille cultivée, aimante, entre son père, sa mère et ses frères et sœurs, deviendra un homme avec une idée fixe, qui mènera sa guerre, dans l'ombre en solitaire, au fil des années, pour lutter contre son ennemi ? 

Pratique :
Date de Parution : 04/2014
Code EAN/ISBN : 9782709645805
Prix public : 22.90 €


jeudi 27 novembre 2014

Rose d'Alger de Nine Moati (suite de "Les Belles de Tunis")

Lu et relu combien de fois !



Sujet :

Nous retrouvons des personnages de "Les Belles de Tunis", leurs enfants, et lieux familier au premier volume de cette saga. Les événements politiques qui vont bouleverser les familles, aussi de l'autre côté de la Méditerranée. Marie et sa mère, de Tunis prennent le chemin d'Alger, invitées par Rose, afin de représenter la famille de Rose à un événement de la famille résidant à Alger. Mais, sa mère à peine arrivée doit repartir à la recherche de son mari, qui a été arrêté, pour ses opinions politiques en tant que journaliste, et dont on n'est sans nouvelles.


Un roman, dans lequel les rebondissements ne manquent pas. 

Extraits :
"La vie éclatait alors avec la même intensité que son soleil. Après leur mariage les Enriquez avait fait construire une petite villa à La Marsa. La présence du Bey, dont le palais occupait une grande partie de la station balnéaire, lui donnait un air aristocratique et décadent. Le résident général de France y possédait aussi, avec La Camillia, le plus beau jardin méditerranéen qui fût et les grandes familles musulmanes y avaient leur demeure. 
Les Tunisois déménageaient massivement dès le mois de juin, désertant la fournaise de la capitale pour le charme ventilé des plages. Maya réservait toujours la même "araba", un grand chariot presque médiéval. Dans son coffre orné de poissons pour le protéger du mauvais oeil, le déménageur entassait, en un désordre connu de lui seul, sommiers, matelas, frigidaire, couscoussiers et chaises-longues. Ce jour-là, Marie portait son maillot sous sa robe pour courir plus vite à la plage.
Les cyprès et les eucalyptus du parc de la Résidence ombrageaient la route torride. L'air de la mer étourdissait Marie, la faisait revivre, la lavait.Elle longeait la grille en bois de la plage privée de la France pour aller rejoindre, à Sainte-Hélène, ses petits amis. Là, année après année, les mêmes se revoyaient autour de L'Arcouest, le cabanon des Bennys où souvent, on consommait une gazouze. On s'allongeait sur le sable blanc, on ne se baignait pas beaucoup - il suffit à un vrai Tunisien de voir la mer pour être heureux ..." 

Mon avis :

Lire ce roman, qui s'accroche à "Les Belles de Tunis" et à "L'Orientale", c'est retrouver toute l'ambiance de la Tunisie que j'ai connue dans ma jeunesse. Les années 1970 où j'ai rencontré des amies tunisiennes, qui m'ont accueillie et fait découvrir la vie tunisienne. Depuis, c'est un peu mon second pays, j'y ai fondé ma famille, et je vis entre France et Tunisie, une vie passionnante, moi aussi, faite de joie et de grandes peurs ces derniers temps, tellement chaotiques. C'est un peu mon histoire aussi, les mariages mixtes et les enfants qui naissent, assis toujours entre deux chaises ! Comment on peu s'attacher viscéralement à un pays, et souffrir de ses déchirements. 

Une saga, que je recommande vivement pour comprendre l'Histoire avec un grand H de la Tunisie.

Pratique : 

Date de parution : 02/05/1991
252 pages - 22.00€
ISBN 9782213027456
Editions : Fayard








Posé sur ma table, George Sand, Les Carnets d'une insoumise.

George Sand, Les carnets d'une insoumise.
de Catherine Hermary-Vieille



Sujet :
Nohant, juin 1876. George Sand vient de rendre son dernier soupir, elle a été enterrée dans le petit cimetière de Nohant, près de celles et ceux, trop tôt disparus,  qui ont été chers à son cœur. Solange, sa fille se retrouve seule, à son tour, dans cette maison, avec ses souvenirs, et la mission de brûler les trois carnets, journaux intimes de sa mère.  Avant de les réduire en cendres, elle s'oblige à les lire, afin de peut-être, mieux connaître cette mère qui lui fut si souvent étrangère, incomprise. 

Nous allons nous retrouver entre ces deux femmes, chacune avec sa version, son ressenti des événements vécus en commun. Un journal à quatre mains en quelque sorte.

Citations :
"A la différence de Maurice, qui vivait dans son ombre, je ne faisais pas parti de son monde. Mon frère aurait pu être un bon peintre, un écrivain de talent, un grand metteur en scène de théâtre. il ne fut que le fils de George Sand. Pour fuir maman, je me suis mariée trop tôt ; j'ai raté ma vie." p.91

"Les pages du carnet lues la veille et ce matin, me trottent encore dans la tête. Je suis sens dessus dessous. La lecture de passages aussi intimes des carnets de maman me procure l'impression d'une voyeuse qui épie à travers le trou d'une serrure." p. 103

Mon avis : 
George Sand, si méconnue, mais pourtant quelle femme captivante ! 
Curieuse vie que celle d'Aurore Dupin, qui fut une des premières femmes à reprendre sa liberté.
Parce que trompée, abusée sentimentalement par son mari, le baron Dudevant, avec deux enfants à sa charge, elle doit travailler pour gagner sa vie. Elle choisi l'écriture, payée à la page au Figaro, puis en publiant des romans.
Il faut lire son "Histoire de ma vie" (Ed. La Pléïade) car les notes sont si essentielles pour comprendre ce que fut son univers ! Tout un roman, il est vrai !

D'abord un peu curieuse de voir ce que l'on pouvait dire de nouveau sur la vie de George Sand, je pensais avoir tout lu ou presque depuis le temps que j'ai travaillé sur ce sujet (1993). Puis, au fil des pages, j'ai retrouvé d'anciennes sensations et j'ai bien apprécié  cette nouvelle et originale façon de présenter un résumé de sa vie si mouvementée. Une femme aux multiples facettes : mère, amante, romancière, journaliste politique, etc. et tant d'autres activités trop ignorées. 

Le seul point défavorable à mon propos, sera la présentation sans chapitres, d'un seul trait, sans point de repère possible, pour retrouver facilement une période de sa vie.

vendredi 20 juin 2014

Coup de cœur : Poils de Cairote de Paul Fournel




Sujet :
Une chronique journalière d’instants et de scènes insolites vues lors d’un séjour dans cette ville qui ne dort jamais. Le Caire, ses embouteillages, ses klaxons, ses chats, ses vendeurs ambulants, il n’y avait pas que les pyramides et les cars de touristes à voir dans les années 2000. Paul Fournel, alors attaché culturel auprès de l’Ambassade de France au Caire, nous fait part de ses découvertes, au fil des jours. Il a regroupé des mails envoyés au cours de son séjour. 

Citations :
« 12 novembre 2000
Le Caire appartient aux chats.
Ils ont traversé les dynasties, intacts. On les voit identiques à leurs statues, élancés, étroits, vifs, petits, surmontés de grandes oreilles. Ils n’ont pas de choix, la vivacité et leur minimum de survie. Il n’ya pas de place pour les lents sur les trottoirs du Caire. »  p. 11 
« 19 novembre 2000 
… C’est à ce moment-là que je m’engage sur la bretelle d’accès de l’autoroute et que surgit en face de moi, à contresens, un handicapé  dans son fauteuil roulant. Il dévale la rampe à fond de fauteuil, langue tirée, comme un beau tournedos repoussé sur le côté par le vent de la course, tête déjetée, membres noués, yeux dilatés. Il hurle. 
Je klaxonne, je multiplie les signaux à l’intention de mes suivants, les invitant à se ranger. Ils klaxonnent. Et notre homme, galabeya gonflée en montgolfière finit de dévaler la rampe, en appui sur la glissière, et va se perdre dans la circulation de la ville.
Personne ne le poursuit, personne ne l’attend, personne ne le revendique. Toute langue dehors, il fonce. … D’où venait-il ? » p.18/19 
« 8 juillet 2001
Le scooter cairote est un véhicule à cinq places. Les deux aînés sont devant, debout entre leur père et le guidon. Ils se battent parce que chacun veut être à l’avant face au vent. 
A l’arrière, la mère tient le petit dernier serré entre sa poitrine et le dos de papa. De l’autre main, elle tient le sac à provisions qui ballotte contre le moteur. 
Si le père est responsable et soucieux de l’avenir de sa famille, il porte un casque. » p. 127


Mon avis :
Que d’images, vues sur place dans les rues du Caire, retrouvées en lisant ce carnet d’impressions écrit par Paul Fournel !  La circulation, les bruits des rues, on y retrouve tout ! Dernier voyage en 2004, avant les Printemps arabes !  Je repense à notre sympathique guide et aux aimables personnels qui ont fait de notre croisière sur le Nil un véritable enchantement entre Noël et le Jour de l’an, alors que le tsunami s’abattait sur un autre coin de la planète ! Des journées que je n’oublierais jamais !

Pratique :
Date de parution 02/01/2004
Fiction et Cie
368 pages - 21.30 € TTC
ISBN : 2757803611
En édition Poche chez Points
7,1€ // 320 pages
Paru le 08/03/2007
EAN : 978275780361

jeudi 19 juin 2014

Lu et relu combien de fois ! "Les Belles de Tunis" de Nine Moati

tableau de J. F. Lewis. Live in a harem, 1858. 
London, Victoria Albert Museum,
Archives Edimédia


Un de mes plus mémorable coup de cœur, je ne saurai mieux expliquer ce livre que la quatrième de couverture de l'édition Seuil : 

Le siècle brûlant de la domination française en Tunisie revit ici à travers trois générations de femmes juives. Myriam, la nièce du caïd Nessim, fréquente les palais beylicaux mais grandit dans la misère du ghetto. Elle s’en échappe grâce à Eugénia, la grande dame garibaldienne. Maya, sa fille, vit les heures dorées de l’entre-deux-guerres avant d’affronter la période noire de l’occupation allemande. Marie, la dernière de la lignée, connaîtra un amour tragique alors que la lutte fait rage dans l’Algérie voisine et que la Tunisie redevient tunisienne. 
Amours et intrigues de cour, princesses beylicales, gens du peuple et bourgeois enrichis se succèdent dans cette vaste fresque familiale. La population cosmopolite de la Régence –où Juifs, Arabes, Maltais, Italiens et Français côtoient l’histoire, grande ou petite – est le principal personnage d’une chronique foisonnante, émouvante et savoureuse, à l’image de la ville elle-même.  

Citations : 
« Les effets du séjour algérois du bey, de l’attitude courtoise et même amicale que napoléon III lui avait réservée ne se firent pas attendre. Léon Roches obtint rapidement de gros avantages pour son pays, qu’il installait petit à petit dans la Régence. Profitant des circonstances, il envisagea de se faire offrir un nouveau bâtiment comme consulat. Il l’imaginait déjà, blanc et solidement planté en ville franque, avenue de la Marine, face à l’église Saint-Antoine. C’est que , depuis sa visite à Alger-la-Blanche, il supportait mal la vétusté du fondouk des Français, son humidité, son inconfort. » p. 41 

« Avec Aïcha, elle courait le long des galeries du palais. Toutes les pièces donnaient sur le patio, qui était couvert d’une verrière. Myriam n’avait pas vu grand choses dans la vie, mais elle comprenait que si l’architecture du palais rappelait vaguement celle de son oukala, la ressemblance entre les deux habitations s’arrêtait là. Chaque fois qu’elle arrivait au palais, elle se sentait émerveillée. Elle ne savait ce qu’il fallait admirer le plus, des plafonds ciselés formant de riches poissons, des marbres qui recouvraient les murs ou des lustres aux verres foncés. Elle aimait surtout la suspension qui tombait de la verrière pour éclairer de ses innombrables bougies l’immense patio. » p.66 
« - Honnête ? Vos services de renseignements fonctionnent donc si mal ? Je peux vous dire, moi, que votre Eugenia et ce gros juif de Nessim … Mais je n’ai rien dit. Je n’aime pas dire du mal d’une femme, surtout si elle est laide et compatriote de surcroît. Mais à ce point-là, tout de même ! Quand je pense que tout l’argent de la Tunisie, de notre cher pays, est entre les mains de cette intrigante ! Et quand je pense, d’un autre côté, au bien que la France fait ici, grâce à notre ami le consul. …
Je tiens à remercier Son Altesse d’avoir décerné le Nicham Ifrikhar au jeune Henri Dunant. Celui-ci en a été profondément touché. 
- Sa Notice sur la Régence de Tunis » enchaîna le Khaznadar, est tout à fait remarquable et les portraits qu’il y trace de nos deux, cher ami sont des plus flatteurs.
- Savez-vous qu’il vient de créer à Genève une convention pour la protection des victimes de la guerre ? Après notre cher bey, tous les souverains d’Europe veulent maintenant le fêter et le décorer. Déjà, la Croix-Rouge, cette association qu’il a fondée l’année dernière, fait grand bruit. 
- Un autre de vos amis fait lui aussi parler de lui, reprit le Khaznadar. C’est l’orientaliste Alphonse Rousseau. Il vient de m’envoyer son ouvrage paru à Alger : Les Annales tunisiennes. Décidément, mon cher, nous ne saurons trop vous remercier de votre travail en Tunisie. Je suis sûr que , grâce à vous, la France brillera d’un éclat  particulier dans l’empire du Soleil-Levant, comme elle brille ici en ce moment. » p.103
« On appelait « le Passage » ce quartier de Tunis car il était situé près du passage à niveau du train électrique pour La Marsa dont la station de départ se trouvait juste devant le café Florian. Toutes les grandes rues de Tunis aboutissaient d’ailleurs au Passage. L’avenue de Londres grouillait de monde. Des juifs venaient pour acheter des pois chiches chez le Hammas de Tataouine, surtout le vendredi soir, veille de shabbat ; Ils allaient souvent aussi au théâtre Ben-Kemla applaudir, en compagnie des Arabes, les troupes tunisiennes qui n’avaient pas pu se faire engager au théâtre municipal. » p. 177

Une petite note personnelle : 
Lorsque l’on a vécu de très nombreuses années de l’autre côté de la Méditerranée, sur ce sol tunisien, si riche d'une Histoire lui ayant donné de grands hommes depuis l’Antiquité, Hannibal, Saint-Augustin, etc. jusqu’à Bourguiba, comment ne pas être touchée par cette tranche d'histoire de la Tunisie, racontée d’une si belle manière par Nine Moati ! N’était-elle pas elle aussi, une fille du pays ! 

jeudi 12 juin 2014

Mes coups de cœur : "Les Larmes de Pancrace" de Mallock


"Les Larmes de Pancrace" Mallock (Ed. Fleuvenoir)
Quatrième de couverture :

     Jean de Renom, propriétaire d'un grand cru classé, est sauvagement assassiné dans son château du Bordelais. À la stupéfaction générale, son épouse, la douce et aimante Camille, est accusée puis incarcérée. Le scandale est d'autant plus retentissant que cette dernière n'est autre que la fille de Sophie Corneille, candidate favorite à la prochaine élection présidentielle.

      Au-delà des conflits d'intérêts et des luttes de pouvoir, le fameux commissaire Mallock découvre que d'autres drames entachent l'histoire de cette famille. Plus il creuse, plus les énigmes et les crimes remontent à la surface. Noyades, empoisonnements, meurtres, les racines du mal sont bien plus profondes qu'il n'aurait pu l'imaginer. Depuis sept siècles, depuis qu'un certain Pancrace a fait couler le sang, que la peste a ravagé la région, une malédiction semble avoir envahi le château et ses occupants...



Mon avis :
     Premier roman de Jean Denis Bruet Ferreol allias Mallock qui me passe dans les mains, reçu par ma fille dans le cadre de la rubrique Masse Critique du site BABELIO*.


    Je ne fus pas déçue de ce voyage à Bordeaux et dans la région du Bassin d'Arcachon ... Les grands crus et ses châteaux, son histoire plusieurs fois centenaires, avec ses légendes et sa mythologie. Un puits de sciences ce Mallock ! Avec ses histoires, nous sommes toujours assurés d'avoir appris une masse de chose, en profitant de nos lectures. 
J'ai beaucoup apprécié le style, l'humour de son personnage "un peu nounours", un homme qui en a vu de toutes les couleurs au cours de ses précédentes enquêtes. Frappé de grande douleur par la vie, mais au grand cœur malgré tout qui s'attendrit à la vue et au toucher "de petites bebettes". 
    Quelques traits, d'humour, et contre des journalistes trop prompts à lécher les bottes des certaines personnalités politiques, une critique d'une classe de la société, aussi dans une ville de province, où tout le monde connaît tout le monde, rendent que plus vraisemblable cette intrigue ! 
     Une belle aventure, qui remonte dans l'Histoire de la région avec un grand H, avec des rebondissements, de beaux dialogues. Quelques recettes de cuisine, car on le sait, très souvent les grands commissaires sont aussi fins gastronomes et de bons chefs devant les fourneaux. Ils apprécient une réunion d'amis, mais aussi avec des membres de son équipe du « Fort » pour lesquels il prépare de bons petits plats, après avoir fait lui-même son marché ! Pas le temps de s'ennuyer ! Un bon gros livre pour bien terminer la semaine, quand on a tout le temps devant soi, pour ne pas le lâcher ! 

     Comme c'est un polar, je ne vais pas me lancer dans une explication plus précise de l'histoire, juste quelques extraits afin de situer le commissaire Amédée Mallock, l'homme, qui sait recevoir ...

Extraits : 
"Il était 8 heures, le marché au centre du village devait être ouvert. Il n’y aurait pas encore la queue chez le poissonnier, s’était dit Amédée. Il avait repéré de  la « peau bleue », un petit requin découpé en darnes. Or,  il allait devoir nourrir du monde… De leur côté Jules et Julie, avaient passé le relais à leurs équipiers, ils seraient là ce-soir pour dîner …… En pédalant ferme sur la piste cyclable, il prit une décision de première importance : il fallait faire le requin à la bordelaise. Accommodée ainsi, les darnes seraient en raccord avec le terroir. Un petit côté lamproie, mais une cuisson rapide, la chair du requin étant fragile. Il restait une question essentielle : la sauce ? Avec ou sans chocolat ?  … Après avoir fait ses achats au marché couvert, poissonniers, primeurs et fromager Amédée retourna vers son fidèle destrier. Il en déverrouilla l’antivol et l’enfourcha pour se rendre jusqu’à la mer. Elle était haute et léchait l’intégralité des pylônes qui soutenaient la jetée. Direction vers le « cornet d’amour » pour faire le plein de glace en barquette. Réglisse et café pour Julie, Rhum-raisin et piña-colada pour Jules, orange sanguine pour lui. Décidément, avec Mallock, il fallait toujours que ça saigne. …" [p.130-131-132]

"…  Il redescendit au rez-de-chaussée et apporta la planche à découper dans le salon pour y ciseler les échalotes, l’ail, la coriandre et le persil. Avec son dos, ce genre de labeur ne pouvait plus se faire qu’assis. Il mit plus de deux minutes à accomplir cette tâche. Même ça, il fallait que cela soit beau. De retour dans la cuisine, il sortit deux poêles qu’il graissa légèrement avec un filet d’huile d’olive et un morceau de beurre. L’une reçut les darnes de requins, l’autre les condiments et les aromates. Les darnes devaient être gentiment rôties jusqu’à se recouvrir d’une belle croûte dorée. Il était important de rester devant et de les arroser avec le beurre fondu. Pendant ce temps l’ail et les échalotes comporteraient tranquillement.
……..
Côté cuisine, les échalotes étaient devenues transparentes et commençaient à blondir. Mallock augmenta le feu vingt secondes avant d’y jeter un verre de vin rouge. Il fallait que ça fasse Plisssh ! avec plein de vapeur, sinon il n’était pas content. L’alcool n‘avait pas sa place ici. Il diminua ensuite le feu pour ne maintenir qu’un léger  bouillonnement. Avec une passoire, il singea la préparation pour que la sauce nappe mieux le poisson. Sel, poivre, Tabasco, noir de sèche en improvisation de dernière minute, et trois gouttes de sirop d’orange. Amédée réserva les darnes de requin. Il ne restait plus qu’à laisser réduire légèrement l’appareil.
…….
En redescendant, ils trouvèrent Mallock en train de monter au beurre sa sauce au vin.
- Allez à table, les enfants, c’est prêt.
Pour accompagner son plat, Mallock avait boudé le vin pour le remplacer par de l’aquavit bien glacé. Sur une assiette ronde, il avait disposé sa préparation d’un noir réglisse d’un côté, et un délicieux riz basmati d’une blancheur immaculée de l’autre.
- Je serais plus chichiteux et patient, j’aurais dessiné un tao, ……" [p.153]
     Cela donne faim, n'est-ce pas, car même lorsqu'il raconte une recette, on sent l'odeur des aromates et on entend frémir le beurre ou l'huile dans les poêles !   


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Pour en savoir plus
Editions Fleuve noir
ISBN : 9782265098473
Date de parution : 13 Février 2014
468 pages,
illustration couverture : ©Axel Mahé  photo de l’auteur : ©Mallock 2013

Les autres livres de Mallock : 
aux Editions Fleuve Noir, revus et réédités par l'auteur aux Editions Pocket
- Les Visages de Dieu (revus et réédités par l'auteur aux Editions Pocket sorti le 13 février 2014)
- Le Massacre des Innocents (revus et réédités par l'auteur aux Editions Pocket  le 11 septembre 2014)
- Le Cimetière des Hirondelles (sorti chez Fleuve Noir le 10 janvier 2013)


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Qui est Mallock :
On regardera une vidéo :
Interview De Mallock [Salon Du Livre De Paris 2014]  http://unjour-unlivre.fr/tag/mallock

samedi 31 mai 2014

"Lus et relus combien de fois"

"Lus et relus combien de fois !"

Il arrive que la lecture de certains livres provoque en moi des chocs plus ou moins profonds. Alors que je referme la dernière page, je peine à revenir à la vie réelle. L’histoire racontée, les personnages évoluant dans ces centaines de pages me paraissent tellement vrais. Les lieux où ils évoluent, que je connais si bien, contribuent à me demander si ce fut un rêve ou la réalité. Je sais alors que ces livres prendront une place dans ma bibliothèque dans le coin « A relire », réservé à mes favoris, que je veux garder à portée de main, car je me surprendrais souvent à les reprendre, pour venir y rechercher des passages afin de les étudier plus à fond.

Dans la rubrique « Lus et relus combien de fois ! » un livre détient une place de choix. Je ne saurais dire combien de fois je l'ai relu. Il s’agit de « Les Belles de Tunis » un livre écrit par Nine Moati, publié en 1983 aux Éditions Seuil.

Les Belles de Tunis de Nine Moati : On devine qu'il fut beaucoup lu et relu !

"Quels sont mes domaines préférés en littérature ?"
Pourquoi se cantonner à un seul domaine lorsque l’on pénètre dans une librairie ? La curiosité me pousse à faire le tour du magasin, me laissant accrocher le regard par des couvertures que je trouve belles, par un titre. Cependant, je dois reconnaître que je ne manque jamais de m’attarder dans quelques rayons.

Histoire, Antique et contemporaine,
L’Antiquité autour de la Méditerranée m’attire particulièrement, mais aussi l’histoire de la France. 

Histoire de la Gastronomie, des arts de la table.
J’ai découvert, au fil de mes recherches et de lecture sur ce sujet  une auteure qui a consacré à cet intéressant thème plusieurs séries de livres classés dans la catégorie « Polar », car il y a toujours une intrigue afin que le lecteur ne s’ennuie pas. Je veux parler de Michèle Barrière. Elle ouvre l’histoire de la dynastie Savoisy,  des maîtres Queux dès 1393.

Quelques polars et thriller pour se détendre un peu. 
Pour aborder la collection des polars et thriller, il faut reconnaître que j’en ai cherché dont l’action se déroulait dans les cuisines et autres hôtels du globe ! Mais également dans les affaires judiciaires si bien menées par John Grisham par exemple. Mais un commissaire français, depuis quelques enquêtes  se place aussi dans ma bibliothèque du côté des « à relire » il s’agit de MALLOCK, un auteur qui soigne et aime ses lecteurs  tant par ses histoires tellement bien travaillées, avec  ses livres nous sommes certains d’apprendre toujours quelque chose, avec qui plus est, une belle prose de la vrai littérature. Un commissaire qui s’appelle Amédée Mallock et son équipe du « fort Mallock » au célèbre 36 Quai des Orfèvres à Paris. 

J’ai envie de parler de mes coups de cœur, de les faire partager si quelques lecteurs ont le loisir de s’arrêter sur ces quelques pages. Voilà donc, quel sera le thème de ce nouveau blog, tenu par une amoureuse des livres, des bibliothèques, dont la devise est « On ne lit jamais trop ! »