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jeudi 2 avril 2015

Des coups de cœur : "Le Diable s'habille en Voltaire", de Frédéric Lenormand

"Le Diable s'habille en Voltaire"

     Une série de livres de Frédéric Lenormand qui s'intitule Voltaire mène l'enquête me donne vraiment le sourire. Chaque aventure met en scène Voltaire et ses fidèles, la très chère Émilie, Comtesse du Châtelet, l'abbé Linant secrétaire dévoué. 


   Dans le dernier volume qui vient de sortir "Le Diable s’habille en Voltaire", nous les retrouvons tous confrontés à un Diable qui effraye tout un quartier de Paris. Des meurtres sont rattachés aux possesseurs successifs d’un jupon suite au décès suspect d’une culottière. Frédéric Lenormand nous fait découvrir le mystère des galeries souterraines de Paris, creusées depuis les Romains, afin de se fournir en pierre taillées sur place pour construire les monuments antiques encore visibles de nos jours. Le devenir de certains morts sans familles pour les inhumer, leur dépouille et leurs vêtements ne sont pas perdus pour tout le monde. Mais, Voltaire doit aussi faire jouer au Théâtre-Français sa dernière pièce, une tragi-comédie médiévale afin de faire oublier ses Lettres philosophiques, car l’inspecteur Hérault le tient toujours sous la menace d’une lettre de cachet pour être envoyé en prison.

     Quel délice de se replonger dans ce style merveilleux et imagés de Voltaire, comme si le philosophe lui-même avait soufflé à Frédéric Lenormand ces pages pour notre plus grand plaisir.

Citations :
« Les gens bien informés avaient connaissance d’un projet qui consistait à pousser l’eau jusque chez les particuliers à l’aide d’une pompe installée sur la colline de Chaillot. C’était une idée folle que l’on réaliserait peut-être un jour. Pour l’heure, l’eau courante courrait encore sur deux pattes. » p. 20
« - Tout dogme est un mensonge. Il faut chercher toujours, c’est la seule vérité impérissable. Il lui tardait de noter cette idée dans un addendum aux Lettres philosophiques. » p. 207
« … Cela s’effritait de partout. Les mains sur les oreilles, Voltaire vit qu’ils allaient tous mourir ensevelis par la faute de leur bêtise, assaillants et assailli,  ce qui est la fatalité de toutes les guerres. Il parvint  à exprimer cette idée après l’épuisement des munitions, alors qu’une poudre inquiétante s’écoulait en pluie par les fissures du plafond. La police abandonna l’assassin à sa furie et se précipita vers l’escalier le plus proche. » p. 276
« La prévôté et le parlement de Paris allaient devoir prendre des mesures urgentes et coûteuses pour consolider le sous-sol. Le côté coûteux primant toujours sur le côté urgent, on commencerait par nommer une commission, et les travaux commenceraient d’ici deux générations. Cela s’appelait "œuvrer pour l’avenir" » … p. 281


En conclusion : 
     Un nouvel opus de Frédéric Lenormand, qui nous replonge dans l’univers voltairien, avec toute sa verve, son phrasé, son humour bien à lui, un peu de mauvaise foi parfois, qu’on pardonne à Voltaire bien volontiers, car ses mésaventures avec la censure et la police nous le rendent si sympathique. Je retrouve avec plaisir cette charmante équipe d’enquêteurs des premiers volumes. J’espère que cette série va nous offrir encore de nombreuses aventures savoureuses. 


Titre : "Le Diable s’habille en Voltaire" 
Auteur : Frédéric Lenormand
Éditeur : J C Lattès 
ISBN : 978 2709 64290 3

Dans la série Voltaire mène l’enquête déjà parus :
  • Chez J C Lattès  :
    • La Baronne meurt à cinq heures (2011)
    • Meurtre dans le boudoir (2012)
    • Le Diable s’habille en Voltaire (2013)
    • Crimes et Condiments (2014)
    • Élémentaire mon cher Voltaire (2015)
  • Chez Le Livre de Poche :
    • La Baronne meurt à cinq heures (2012)
    • Meurtre dans le boudoir (2013)
    • Le Diable s'habille en Voltaire (2014)



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Très bonnes lectures !

dimanche 29 mars 2015

Salon du Livre de Paris 2015

Salon du Livre Paris 2015 Porte de Versailles 
       Nous sommes le dimanche 22 mars 2015, pour se rendre au Salon du Livre de Paris 2015, en compagnie Myriam (unjour-unlivre.fr), pas moins de trois bus, trafic réduit ce-jour, donc de longues périodes d'attente aux stations. Heureusement, il n’y avait pas de file d’attente, à l'entrée, nous sommes passées rapidement aux portes, munies de nos invitations ...
     
Objectif premier, il est presque 13 h 30, nous devons atteindre le plus rapidement Le Livre de Poche (L 64) , Michèle Barrière et Frédéric Lenormand qui terminent leurs dédicaces. Je souhaite obtenir la signature de Michèle Barrière sur le dernier de ma collection au Livre de Poche, "L'Assassin de la Nationale 7"
"A l'occasion du Salon du Livre 2015, une invitation dans les grands restaurants de la N.7. Amitiés, et bon appétit. Michèle Barrière, Paris le 22 mars 2015."
Michèle Barrière à l'atelier cuisine le lundi (Le livre de Poche)

Frédéric Lenormand (Alias Voltaire)
     Nous espérons bientôt une nouvelle occasion de revoir ces deux auteurs, bien sympathiques, pourquoi pas fin juin au "Salon Saint-Maur en poche".

On lira avec bonheur, d'autres livres de 
  • Michèle Barrière, la saga de la Dynastie Savoisy. 
Toute une histoire, pimentée d'une intrigue policière, qui permet de remonter dans l'Histoire de la Gastronomie, de certains aliments. Un carnet de recettes aussi à la fin des livres, si vous voulez tenter de reproduire les plats servis aux différentes époques de l'Histoire de France et de quelques pays limitrophes, ne vous gênez pas !  




Une autre saga, met en scène l'histoire de la dynastie Quentin du Mesnil. 



Sans oublier notre cher 
  • Frédéric Lenormand et "Voltaire" qui mène les enquêtes. 
Quel style pétillant ! On croirait vraiment lire du Voltaire, de l'humour, quelques piques bien senties contre la société et des personnages de l'époque, un bon remède à la morosité ambiante parfois ! Déjà trois titres dans la collection du Livre de Poche.



Et aux Editions JC Lattès, non encore en Livre de Poche :


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     Poursuivant ma quête de renseignements auprès de certains éditeurs, me voici partie 
Au Diable Vauvert (N 47) afin d'y trouver quelques nouvelles à propos de prochaines traductions et publications des parutions en anglais de Poppy Z. Brite. Voici quelques années, cet éditeur a publié la traduction d'une trilogie de cette auteure, puis un recueil de nouvelles.  
     A La Nouvelle-Orléans, deux jeunes Rickey et G-man évoluent dans le monde des cuisines, nous les verrons franchir les étapes, parfois parsemées de d'intrigues, de crimes, mais toujours avec la volonté de créer leur propre restaurant. "Alcool", "La Belle Rouge", et "Soul Kitchen", puis dans "Petite cuisine du Diable" un recueil de nouvelles où ces deux jeunes cuistots sont les héros de certaines histoires. Une nouvelle atmosphère dans l'oeuvre de Poppy Z. Brite, qui nous peint le Sud des Etats-Unis, et cette ambiance si particulière qui régnait à La Nouvelle-Orléans, avant Katrina le 29 août 2005.
L'auteure a terminé la dernière ligne de cette série, la veille de la terrible tempête. 
     D'autres nouvelles, publiées en anglais, non encore traduites en français, mettent en scène ces deux cuisiniers et leurs familles respectives. J'espère, moi aussi aboutir dans mon enquête, et pouvoir donner bientôt une réponse à cette question. Faudra-t-il les lire en V.O ? (Une affaire à suivre au fil des prochains articles)

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     Cette année, la Tunisie tient sa place, dans le carré des pays étrangers, face au Brésil, grâce à la Librairie Clairefontaine. Une institution à Tunis, tous les écoliers des établissements français de Tunis, y ont déposé, un jour ou l'autre, leur commande de livres scolaires. Cette année, plusieurs auteurs tunisiens sont venus y passer quelques heures, et dédicacer leurs livres. J'ai pu y rencontrer monsieur Ali Bécheur. Échanger avec lui, sur les événements récemment vécus par les Tunisiens, et l'espoir d'un avenir meilleur et lui faire dédicacer quelques uns de ses derniers livres parus aux éditions Elyzad.





     Un album de photos prises par la Librairie Clairefontaine, dont j'ai pu extraire celles-ci, avec l'autorisation de madame Donia Jabeur, peut être vu sur Facebook.
[https://www.facebook.com/media/set/set=a.10152871240473931.1073741826.117834498930&type=1&pnref=story ]
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     Le temps passe, le monde des amateurs de livres petit à petit rempli les allées, et il devient parfois un peu pénible de circuler, surtout lorsque l'on doit gagner un stand rapidement, car une signature va se terminer.

     
     Retraversons la Méditerranée, et quelques siècles, pour  retrouver une jeune auteure, Camille Adler dont j'ai apprécié le premier roman "Rose Soie" paru chez Milady au stand (R 78). 



     Une jeune femme fort agréable, avec laquelle nous avons pu échanger à propos d'événements et faits divers évoqués dans son roman. Le Paris des années 1880, la nouvelle loi sur le divorce qui va redonner aux femmes un peu de liberté, le monde de la mode et de la Haute Couture, avec Charles Frederick Worth. Un roman, qui pour les amateurs de cette période de notre Histoire, nous permettra de réviser un peu.


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    Enfin, il faut gagner l'espace des conférences où tout en écoutant quelques auteur(e)s, nous pourrons prendre un peu de repos. 


     "La scène des auteurs"  (C 92) propose à partir de 15h30 deux rencontres qui s'annoncent fort instructives. 



  • Tatiana de Rosnay répond aux questions de Bruno Corty du journal Le Figaro, à propos de son dernier livre, "Manderley for ever" publié aux éditions Albin Michel. Elle nous racontera ses longues recherches, ses visites aux enfants de Daphné, à la maison pour s'imprégner des lieux et enfin l’aboutissement, ce livre consacré à Daphnée du Maurier, et à sa maison Manderley. Au moment où sort une réédition de « Rebecca », traduite par un nouveau traducteur, parce que ses héritiers, à la relecture de ce livre, se sont aperçus que la traductrice de l’époque avait « oublié » quelques quarante pages importantes de l’original. Il fallait resituer le contexte, pour tenter d’expliquer cette censure, ce que s'attache à faire la biographie de Tatiana de Rosnay. 
[On lira avec intérêt l’article suivant,  la vidéo associée: http://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/tatiana-de-rosnay-daphne-du-maurier-m-habitait-depuis-longtemps-7776765160]

« Rose », est le seul livre que j’ai lu de Tatiana de Rosnay, parce que situant son récit dans la création du nouveau Paris Haussmannien, (à l’époque de ce grand bouleversement dans Paris). Cependant, à la suite de cette conférence, j'ai très envie de rajouter à ma liste de livres à lire, non seulement la biographie de Daphné du Maurier, mais également d'autres livres de Tatiana de Rosnay et de piocher dans la bibliographie Daphné du Maurier, en suivant la progression de sa vie. Je ne connaissais pas trop cette auteure. Bien sûr, j’associais son nom à deux livres au moins, «L’Auberge de la Jamaïque » et «Rebecca », sans les avoir lu, mais me souvenant de films d’Hitchcock ; aussi «Les Oiseaux », sans savoir qu’il s’agissait d’une œuvre de Daphné du Maurier, bien remaniée. Voici un moment qui augure de belles heures de lectures à venir !
On peut consulter sont site Internet : http://www.tatianaderosnay.com/

Rendez-vous, lorsque j'aurai achevé l'étude de ce monument de 464 pages et la lecture de Rebecca, nouvelle version !

     A peine Tatiana de Rosnay descendue de la scène sous les applaudissements de l'assistance, voici Ken Follett qui apparaît, lui aussi salué par le public. 



  • Ken Follett répond aux questions de Julien Bisson du magazine Lire à propos de la trilogie "Le Siècle", publiée chez Robert Laffont. Après "La Chute des géants" et "L'Hiver du monde", voici "Aux portes de l'éternité".

     Il me semblait intéressant d’assister à cette présentation de l’auteur. 
     Je ne fus pas déçue, en constatant que monsieur Follett, prenait la peine de s’adresser à son auditoire en français, même si un interprète était assis à ses côtés, il n’avait quasiment jamais à intervenir. Première bonne impression.
Puis comme dans ce genre de prestation, il fut question de l’histoire de cette saga, et de la façon dont il concevait ses romans, de son plan de travail. Il lui a fallu pas moins de sept années pour venir à bout de ce projet.

J'ai entamé la lecture de cette trilogie, mais je ne peux pas prédire le temps qu'il me faudra pour en venir à bout. Ken Follett nous promène dans divers points de l'Europe, pour nous présenter les différentes familles qu'il va mettre en scène. Mais aussi les situations économiques qui vont faire évoluer la vie des gens, du petit peuple aux responsables politiques. (Pour assimiler les faits, il n'est pas inutile de tenir des petits papiers, des crayons, peut-être de bonnes cartes afin de visualiser, les événements, les lieux de cette page d'Histoire !)  Une vrai leçon d'Histoire contemporaine : deuxième bonne impression.

On peut consulter sont site Internet en français :  http://ken-follett.com/fr/
Sur le site de Robert Laffont, également sur les pages de ses livres des vidéos sont à disposition.    

     Voilà, la visite se termine, avec une petite visite au bel espace Robert Laffont, (G 68).


     Nous voici sur le chemin du retour, à nouveau trois bus à attendre, mais cette fois avec plein de souvenirs dans la tête et de belles lectures dans nos sacs, car nous n'avons pas pu résister à la tentation ! Qu'importe, puisque comme le disait Honoré de Balzac :
« J'ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot... »

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vendredi 13 mars 2015

Un vrai coup de cœur : "La Bibliothèque des cœurs cabossés" de Katarina Bivald

 
La Bibliothèque des cœurs cabossés
Katarina Bivald, (Ed. DENOEL) 

    Sara, jeune femme de 28 ans, travaillait dans une librairie, en Suède, situation enviée d’une accro des livres, mais la librairie ferme, elle se retrouve au chômage. Une nouvelle amie de plume, suite à de nombreux échanges épistolaires, l’invite à venir passer quelques temps près d’elle, aux Etats Unis, dans Iowa à Broken Wheel. Puisqu’elle n’a rien d’autres à faire, elle décide de partir, de faire enfin un voyage. Dans la petite ville de Hope, elle attend, son livre à la main, l’arrivée de son amie Amy Harris ; vers quelle aventure va-t-elle se retrouver confrontée. Elle est si loin de chez elle, en Suède, dans cette bourgade entourée de maïs à perte de vue…

     Personnellement, dès les premières pages, Sara a attiré ma sympathie, me demandant ce que j’aurai fait à sa place dans de telles situations, parfois quasi tragique dans sa propre existence en Suède au sein de sa famille, dans sa vie professionnelle...
(Je n’en révélerais pas plus, pour ne pas trop en dire de l’histoire.)  Mais Katarina Bivald, je trouve, tente une très belle étude de personnalité, avec les personnages de ce livre. L’image que l’on donne à voir, est-elle celle qui est perçu par les autres, selon qu’ils nous connaissent ou pas ? Sommes-nous réellement tels que les gens nous voient ? Est-il si facile de se laisser aller à ses sentiments, en fonction des circonstances ? Peut-on bouleverser le cours des choses, envers et contre tout ? 
     Et les livres dans tout cela, sont-ils prétextes ou alibis, dans notre vie ? Les utilise-t-on comme vitrine ou comme paravent ? En tous cas, ils remplacent très souvent des amis inexistants, et eux ne déçoivent pas, ils restent fidèles ! 
« Les livres lui avaient servi de remparts, oui, mais pas seulement ; Ils l’avaient protégée du monde extérieur en le réduisant à une espèce de vague toile de fond bien moins tangible que les aventures fictives dont elle se délectait. » [p. 30]
     Je me suis retrouvée comme Sara à l’étranger invitée par une amie, déçue par des proches dans mon pays, et quasiment adoptée par des gens que je ne connaissais pas et y fondant ma famille. Mais, je ne pouvais me passer d’avoir des livres sous la main, et de faire une bibliothèque chez moi, en aimant fréquenter les bouquinistes, les seuls vendant des livres en français, d’occasion mais abordables, une vraie caverne d’Ali Baba ! 
     Katarina Bivald, en 482 pages, va évoquer un bon nombre de livres ! Bien évidemment, il ne faut pas ouvrir ce roman en pensant y trouver un catalogue complet de ce qui a été imprimé, mais des auteurs appréciés, car au-delà des livres, il y a les gens aussi ! 

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Plus de renseignements : 
Editeur : Denoël
EAN : 978 2 207 11775 0
Pages : 485
parution : 15 janvier 2015

dimanche 15 février 2015

un conte fantastique et fable politico-financière : "Le Fantôme de l'Elysée" ou la visite impromptue du Baron Necker à François Hollande ...

Le Fantôme de l'Elysée, Philippe Dessertine, Ed. Albin Michel.
     Comment faire d'une situation économique pas vraiment idéale, une occasion de se replonger dans l'Histoire de France, et de retrouver une période qui ressemble fort à celle que nous vivons. La visite impromptue du Baron Necker, dans le bureau de François Hollande, alors qu'il vit une des pires soirées de son existence, va-t-elle l'aider à trouver les mots qu'il faut pour rédiger son discours pour l'ouverture de la conférence de presse du lendemain. 
Son subconscient a-t-il pressenti quelque chose ?
Il fait un bon sur son fauteuil.
Dans la peine ombre, en face de lui, totalement immobile, se détache une silhouette massive. « Je ne vous ai pas entendu entrer ! Vous m’avez ait peur ! [p.28]

     Voici un essai qui en deux cent trente pages, écrit dans un style maîtrisé et plaisant, comme nous n'avons plus guère le loisir d'en lire de nos jours, tente de nous faire prendre conscience des jours de galère qui se profilent à l'horizon, si nos politiques ne prennent pas sérieusement les problèmes à bras le corps. 
« Nous fumes tous coupables de procrastination, le Roi en premier lieu…
-          Je crois que vous êtes clair : la première des fautes est de ne rien faire. Je vais reprendre la main. » [p.191]
Plus de renseignements : 
Editeurs : Albin Michel
EAN 13 : 978 2 2262 5692 8
Parution : décembre 2014
Prix : 18.00 €

samedi 31 janvier 2015

Des coups de cœur : "Élémentaire, mon cher Voltaire !" de Frédéric Lenormand


Titre : "Élémentaire, mon cher Voltaire" 
Auteur : Frédéric Lenormand
Éditeur : JC Lattès 
ISBN : 978 2 7096 4861 5
Une suite à la série de livres de Frédéric Lenormand qui s'intitule "Voltaire mène l'enquête". Je me régale vraiment attendant toujours le bon mot, en tournant chaque page. Ces aventures mettent en scène Voltaire et ses fidèles, la très chère Émilie, Comtesse du Châtelet, l'abbé Linant secrétaire, dévoué aux bonnes adresses où l'on peut se bien restaurer. 



A peine commence-t-on le Prologue, que déjà la belle Emilie du Châtelet, se retrouve avec un cadavre dans son placard de cuisine ; calée dans les casseroles et autres ustensiles, c'est la petite soubrette, Margotton. Cela démarre fort ! 
Voici Emilie, se retrouvant au Châtelet, à la prison cette fois, dans le bureau du commissaire Hérault, qui n'est pas insensible au charme de la Comtesse, et Voltaire et l'abbé Linant dehors, obligés de se déguiser, pour passer incognito, sans toit, cherchant bonne fortune chez Montesquieu, et courant les commerçants, pour trouver les indices entre les apothicaires,  les faiseurs de jouets, de poupées de son, et les couturières, modistes et autres professionnelles de l'aiguille, du fil et de tissus ! 

« C’est parce que le monde est absurde que les hommes comme moi sont nécessaires, dit Voltaire. » [p.58]
 « Des mannequins sans tête, au cou terminé par une poignée en bois qui permettait de les déplacer sans peine, parurent à l’écrivain une illustration de la condition humaine : des êtres sans cervelle, aisément manipulables. » [p.86]

 Encore quelques trois cents pages, pour se régaler de la prose de Voltaire, grâce à la plume de Frédéric Lenormand.


samedi 27 décembre 2014

Mes coups de cœur de l'année 2014 (suite 2) "La liste de Noël" de Jojo Moyès.


"La Liste de Noël" Jojo Moyès ***
 Alix Paupy (traducteur)

Une note spéciale pour les illustrateurs des livres, toujours magnifiques !
"La Liste de Noël" Jojo Moyès [Ed. Bragelonne]
     Lu sur ma liseuse, une petite nouvelle de quelques pages, évoquant l'angoisse des dernières heures qui restent afin de terminer les achats pour la soirée du réveillon. Tout doit être parfait, parce que la belle-mère, ne ratera pas une occasion de lancer des piques à propos du repas ou  des cadeaux de Noël, et de l'ambiance parfois ...

     C'est la veille du réveillon, il faut faire les dernières courses, tout le monde se précipite dans les magasins. Où trouver ce parfum "Crocus versus" si rare pour la belle-mère que son mari lui a recommandé ?
« Crocus Versus. Il n’y a que la mère de David pour réclamer un parfum dont personne n’a entendu parler. Chrissie a arpenté tout le West End, mais a chaque boutique on lui a répondu : « Non, on ne connaît pas. Essayez plutôt … » [p. 1] 
     Le pudding de chez Waitrose, mais pas de Marks&Spencer :
"Le téléphone sonne, un nouveau message s’affiche.

« Je t’avais bien précisé de prendre le pudding de chez Waitrose ; Tu as acheté celui de Marks&Spencer. Comme tu n’es toujours pas rentrée, j’ai dû faire le déplacement moi-même, et ils n’en ont plus. » [p. 10]
      Et le Stilton, le fromage qui pue, à prendre à la fromagerie de Marylebone.
     Et le téléphone qui n'arrête pas d'envoyer des SMS de son mari, qui lui récite les courses à faire, à ne pas oublier, alors que lui est bien assis, au calme dans son bureau. C'est le burn out ! Elle va craquer, là au milieu de la rue, elle n'en peut plus ...
    
     Puis, un taxi s'approche, un peu comme un bon samaritain, qui va la prendre en charge, l'aider à terminer son parcours du combattant, tout en lui parlant, pour lui remonter le moral, même lui donner de très bon conseil, pour profiter elle aussi, de ces journées de fêtes comme elle le souhaite ...

     Un conte de Noël, moderne, qui va peut-être en faire méditer quelques un(e)s. Tout le monde a le droit à sa période de pause ! 




Pratique : 
Parution : 8 décembre  2014
ISBN 2820519415

Mes coups de cœur de l'année 2014 (suite 1) "L'Héritage Windsmith" de Thierry Gandillot

L'héritage Windsmith de Thierry Gandillot ***


"L'héritage Windsmith" Thierry Gandillot [Nil Editions] 


     Un autre roman écrit par un journaliste, Thierry Gandillot, qui traite d'un problème encore non solutionné totalement de nos jours. 


     Nous sommes en juin 1989, dans une galerie d'art new-yorkaise. Le directeur Peter Sollness, inaugure une nouvelle exposition d'un artiste contemporain par un cocktail. Il envoie une invitation à un de ses amis Léo Windsmith, héritier de l'empire de son grand-père Matthew Windsmith. Le fax que ce dernier reçoit l'intrique : Il voulait le voir "vite" souligné. Voici un très bon prétexte, pour lui présenter Raphaëlle Debloye, une Française diplômée en Histoire de l'art, professeur à Colombia. 
     A partir de cette rencontre, sa vie qu'il croyait réglée comme du papier à musique, va se révéler n'être plus qu'interrogations, de découvertes en découvertes. 
     Une plongée dans le monde de l'Art, des galeristes, des amateurs d'Art, des collectionneurs.
 « Quand le temps sera venu, je te dirai la vérité –enfin ce que tu dois savoir si tu veux exercer ce métier après moi. Jusqu’ici, je t’ai enseigné la théorie. Maintenant, tu découvres la pratique. Je n’avais pas prévu que tu apprennes aussi vite le vrai visage de notre profession, mais après tout, ce n’est peut-être pas plus mal. Le marchand  est comme l‘artiste, il doit se méfier des apparences. Le beau n’est pas la reproduction du vrai. Il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une toile qui prétend rendre compte fidèlement d’un paysage. C’est ce que les impressionnistes avaient compris. » [p.129]
     En même temps, ce roman incite à une relecture de certaines pages de l'Histoire des années précédant la Guerre de 39/45. Alors qu'Hitler commence son ascension politique, est-ce sa mégalomanie qui grandit, avec son ambition de construire son grand Musée, projet que le citoyen moyen ne connaissait peut-être pas. On se pose parfois la question. A-t-il programmé son invasion de l'Europe dans le seul but de vider les Musées ? A-t-il échafaudé son plan de la solution finale, pour faire disparaître les collectionneurs privés, et s'approprier les chefs d'oeuvre en leurs demeures, des centaines des plus beaux trésors de l'art ! 
« … Je crains que vous n’imaginiez pas, justement. Le pillage de l’Europe par les nazis, monsieur, constitue le plus grand hold-up de tous les temps : seize millions d’œuvres d’art ont été volées en moins de dix ans dans les musées des pays occupés ou dans les collections particulières. Non seulement en France, mais aussi en Tchécoslovaquie, Pologne, Belgique et aux Pays-Bas pour ne citer que les principaux. A lui seul, Hitler avait détourné dix mille chefs-d’œuvre de la culture européenne. » [p.257]
     Je ne peux pas ignorer un film sur le sujet, à la gloire d'une femme, Rose Valand, qui a produit un travail colossal, en tenant des registres où toutes les opérations de saisie et de suivi des œuvres fut mentionnées ; sur les écrans sorti en mars 2014, "Monuments Men" réalisé par George Clooney  (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=201434.html)

Pratique : 
Parution : 1 Mars 1996
Format : 140 x 225 mm
Nombre de pages : 368
Prix : 120.00 F (18,55 €)
ISBN : 2-8411-1040-0


    N.B. : Ce livre est une première édition publié en 1996, mais l'actualité qui a dépassé la fiction, en faisant ressortir des chefs d'oeuvre dans des appartements suite à des décès d'anciens soldats allemands, qui avaient pris leur butin personnel, a permis une nouvelle édition avec certainement des mises à jour. Une nouvelle lecture en 2015 à prévoir.