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dimanche 23 août 2015

La Rentrée Littéraire 2015, "Funny Girl" Nick Hornby

Les années "soixante" de l'autre côté de la Manche, furent une vrai révolution. Un livre qui vient de sortir, vous fera revivre quelques années de notre jeunesse, pour ceux qui ont déjà des cheveux blancs. La B.B.C. chaîne radio nationale, vient de se lancer dans une nouvelle série d'émission. Un feuilleton radiophonique, qui tous les dimanches, faisait entrer un peu de rêve chez les auditeurs.


'Funny Girl" Nick Hornby
Ed. Stock
Quatrième de couverture :
      Dans les Swinging Sixties la nation tout entière est sous le charme de Sophie Straw, la nouvelle star de la comédie à succès de la BBC. Ça tombe bien, cette ancienne Miss Blackpool n’a qu’une ambition dans la vie : faire rire les gens. En studio comme à l’écran, l’équipe du feuilleton vit de grands moments. Les scénaristes, pour qui le genre comique est une religion, cachent tous deux un secret. Pur produit d’Oxbridge, le producteur est dévoué corps et âme à l’équipe en général et à Sophie en particulier. Quant à Clive, le premier rôle masculin, il a la tenace intuition que ce n’est qu’une parenthèse dans sa carrière… Lorsque la fiction rejoint la réalité de trop près et que le scénario épouse les péripéties de la vie, chacun doit faire un choix. Continuer ou changer de chaîne ? Une défense et illustration de la pop culture et du divertissement, pleine de fous rires et de tendresse.

Sujet : 
     Après les stars du cinéma, un nouveau phénomène de société semble vouloir gagner le pays. La B.B.C.  met sur les ondes quelques émissions « séries » dont les animateurs deviennent des vedettes. C’est une nouvelle ouverture pour des auteurs dont les pièces n’attirent plus les producteurs de théâtre, et pour des acteurs relégués parfois à prêter leur image à des promotions pour des produits ménagers, ou des savoureuses soupes industrielles, la publicité drainant des budgets nouveaux mais qui deviendront vite incontournable. Le feuilleton, et son heure de diffusion sur les ondes, va régir une grande partie de l’emploi du temps des familles, afin de ne rien manquer de ces instants de bonheur hebdomadaires. 
« Barbara vénérait Lucille Ball depuis le jour où elle avait découvert la  série  « I Love Lucy » : tout ce qu’elle ressentait et faisait trouvait sa source dans ce feuilleton. Chaque dimanche, pendant une demi-heure, le monde s’arrêtait de tourner et son père savait que, du début à la fin de l’épisode, il n’avait pas intérêt à  lui adresser la parole, ni même à froisser une page de journal, au risque de lui faire louper quelque chose. » [p. 19]
En Bref :
     Barbara, une jeune et jolie jeune fille, participe au concours de beauté annuel de la Miss locale, un peu contre sa volonté, parce qu’inscrite à ce concours par sa tante avec l’assentiment de son père. Pour eux, c’est un moyen de lui faire oublier ses rêves de partir tenter sa chance à Londres. Si elle gagne le prix, elle aura des obligations liées à ce titre, et pendant un an, sera managée par l’organisateur du Prix de Beauté  et devra oublier ses rêves, pour revenir à la réalité. 
Elle est élue Miss Blackpool, on lui place l’écharpe, sur les épaules. Cependant, cinq minutes lui suffisent pour lui confirmer que c’est le rêve de sa famille, mais pas le sien. Elle rend son écharpe. Aussi, quitte à faire souffrir les siens, il lui faut prendre le train pour Londres, et se réaliser par elle-même. 
      « Londres n’était pas plus compliqué que ça, du moment qu’on n’en attendait pas à monts et merveilles. » [p. 23]
     Elle trouve une chambre qu’elle loue pour deux semaines payées d’avance, puis un travail dans un grand magasin au rayon parfumerie. Puis, Marjorie du rayon chaussures dames, lui propose de devenir sa co-locataire. 
     Mais elle n’a pas de télé, et ne pas regarder son feuilleton hebdomadaire, commence à lui manquer. Elle fait donc un état des lieux de sa vie, cherchant le bon plan pour parvenir à pouvoir regarder la télé, le dimanche, jour de la diffusion du feuilleton « I Love Lucy ». 
Il faut avouer qu’elle ne sort pas, donc ne peut rencontrer personne. Même ses collègues du magasin, d’autres rayons elle ne les connaît pas beaucoup. Les choses doivent changer.
Puis le jour vient où elle rencontre enfin un producteur, qui décide de s’occuper de sa carrière, mais il lui faut défendre ses ambitions. Montrer qu’elle n’est pas qu’une silhouette agréable à regarder, qu’elle peut faire vivre un texte, même parfois lui donner plus de véracité que sur le papier.

     Comment parvenir à se préserver une « vie privée » quand son personnage semble tellement vivant et lui coller trop à la peau,  aux yeux du public.  Surtout lorsque, après quelques années de succès, la production décide d’arrêter une série. 
Que vont-ils devenir, tous les auteurs, qui ne vivaient souvent qu'à travers leurs textes à produire semaines après semaines ? Les comédiens, dont la vie semblait tellement inspirée parfois de leur rôle dans les feuilletons ? Comment organiser sa nouvelle vie, alors que l’ancienne tournait exclusivement autour de leur personnage ? 


Mon avis : 
     Nick Hornby semble avoir percé une partie des sentiments profonds de certains personnages types de la société de cette période des Sixties. L’histoire de cette Sophie Straw et de ses collègues qui doivent être comédien sur les ondes, mais aussi parfois aux yeux de tous. Lorsqu’ils sont reconnus dans un restaurant, ou un spectacle. Il faut rappeler que l’homosexualité si elle a toujours existé, n’était pas toléré. Certains choisissaient de se marier pour donner le change, même s’ils vivaient leur vie en marge. Il a fallu ces années pour voir évoluer les mentalités. 

Pour en savoir plus :
Éditeur : Stock
ISBN :  9782234079229
Date de parution : 19/08/2015
432 pages
Format : 135 x 215 mm
Prix : 23.00 €
Site du livre chez l'éditeur : http://www.editions-stock.fr/funny-girl-9782234079229 

La Rentrée Littéraire 2015, "Profession du père" Sorj Chalendon

     Août pas encore terminé, voici déjà les livres que nous proposent les éditeurs, pour la Rentrée Littéraire. Nous aurons donc de quoi oublier les jours pluvieux de l'automne, et froids de l'hiver. 
     J'ai envie de présenter une sélection de quelques livres lus, déjà. 

"Profession du père"  Sorj Chalendon
Editions Grasset
Quatrième de couverture :
     « Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider. 
Je n’avais pas le choix. 
C’était un ordre. 
J’étais fier. 
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. » 

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Sujet : 
     La vie quotidienne, (on devrait dire l’enfer) d’un enfant et de sa mère, tyrannisés par le chef de famille. Un homme obnubilé par les événements d’Algérie, qui ne supporte pas que l’Algérie Française, quitte la France et pense que de Gaulle l’a trahi. Le choc fatal, sur un esprit déjà dérangé. 

En Bref : 
     Recueillement : samedi 23 avril 2011. Dans la salle d’attente du funérarium, sa mère et lui, Emile, l’enfant jadis maltraité, attendent le cercueil du père. avant la crémation, pour un dernier adieu. Ils seront seulement deux, oui, lorsque la secrétaire pose la question en leur ouvrant la porte de la salle. Qui peut avoir envie de venir rendre un dernier hommage à cet homme ? Qui d’autres, malgré les horreurs qu’il leur a fait vivre, peut faire preuve de la dernière humanité, malgré tout, et venir, pour qu’il ne parte pas comme un chien. Cependant, il ne faut pas trop en demander à sa femme. Le strict minimum, une simple boîte ! 
« Je n’ai pas aimé le cercueil. C’était une simple caisse, un aggloméré de cellulose, un contre-plaqué à échardes, en emballage de carton.
Maman l’avait choisi.
- C’est pour le brûler, avait-elle dit. 
Elle avait raison. Pourquoi jeter au feu du bois de frêne, avec côtés galbés et couvercle en dôme ? Pourquoi du satin blanc et une plaque d’identité dorée ? Pourquoi la croix ? Tout cela n’avait aucun sens. Alors poignées en résine et plaque de boîte aux lettre.» [p. 7]

     Maintenant Emile, c’est un homme. Cela fait cinquante ans, que cette histoire a commencé :
Le Putsch - dimanche 23 avril 1961 ! Depuis le 23 avril 1961, le jour où son père est rentré à l’appartement, claquant la porte d’entrée, et s’écriant « C’est la guerre » !

     Emile, va nous raconter le quotidien de sa famille, son père leur faisant croire à tant d’histoires rocambolesques. Il faut se mettre à la place de cet enfant qui à chaque rentrée scolaire doit rapporter sa fiche d’identité à remplir et à signer par les parents. Et surtout la rubrique « Profession du père », que répondre ? D’où le titre du livre, car au fait quelle est la profession du père ? Il ne l'a jamais su. 

Mon avis : 
     Poignant ce récit, par lequel Sorj Chalendon, parvient à se servir de l’Histoire, la vraie, par des événements que ceux qui ont déjà les cheveux blancs se souviennent, comme élément déclencheur d’un drame familial. Un récit émouvant, qui nous emmène page après page, avec les mots du fils, simples qui tentent de tout excuser, et pardonner, malgré tout.
     Pendant cinquante ans, Emile, cet enfant, va subir et assister à la décrépitude de cet homme, à l’évolution de la maladie mentale. Le père se construit un monde, dans lequel il arrive à faire vivre aussi sa proche famille, mais également des individus qui l’entourent, jusqu'à un "soit-disant" médecin de famille, qui le soigne à distance ... Tellement sa manipulation montée patiemment, rend cet univers parfaitement réel ! Les événements politiques de l’époque doivent traumatiser tellement le commun des mortels, que toute cette paranoïa touche peut-être tout le monde.
     Un roman, qui fait réfléchir et poser quelques questions sur les relations humaines, le rôle des services sociaux à l'enfance, qui ne voit rien. 

*** Pour en savoir plus :
Éditeur : Grasset
ISBN : 9782246857136
Date de parution : 19/08/2015
Pages : 320 ; Format : 142 x 205 mm
Prix : 19.00 €

Le site de ce livre chez l’Éditeur : http://www.grasset.fr/profession-du-pere-9782246857136


mercredi 19 août 2015

La Rentrée Littéraire 2015, « Ce pays qui te ressemble » L'Egypte moderne cette fois ... racontée par Tobie Nathan.

"L’éternelle Egypte !" 

     J’étais en train de l’évoquer en rédigeant plusieurs publications sur mon blog. Le hasard veut qu’un livre sorte en août, nous parlant d’une Egypte plus contemporaine, mais déjà dans l’Histoire. Cette période de l’après Première Guerre Mondiale : 1925. Sur la quatrième de couverture je lis « Le Caire », évidemment j’ouvre le livre et commence la lecture des premières pages, pour voir, si je vais apprécier la prose de cet auteur Tobie Nathan que je ne connais pas. Tout l’art de raconter une page d’histoire de son pays, en évoquant des faits souvent méconnus du lecteur lambda.

"Ce pays qui te ressemble" Tobie Nathan. Ed. Stock.
Quatrième de couverture :
     C’est dans le ghetto juif du Caire que naît, contre toute attente, d’une jeune mère flamboyante et d’un père aveugle, Zohar l’insoumis. Et voici que sa sœur de lait, Masreya, issue de la fange du Delta, danseuse aux ruses d’enchanteresse, le conduit aux portes du pouvoir. Voici aussi les mendiants et les orgueilleux, les filous et les commères de la ruelle, les pauvres et les nantis, petit peuple qui va roulant, criant, se révoltant, espérant et souffrant.

Cette saga aux couleurs du soleil millénaire dit tout de l’Égypte : grandeur et décadence du roi Farouk, dernier pharaon, despote à l’apparence de prince charmant, adoré de son peuple et paralysé de névroses. Arrivée au pouvoir de Gamal Abdel Nasser en 1952 et expulsion des Juifs. Islamisation de l’Égypte sous la poussée des Frères musulmans, première éruption d’un volcan qui n’en finit pas de rugir… C’est la chute du monde ancien, qui enveloppait magies et sortilèges sous les habits d’Hollywood. La naissance d’un monde moderne, pris entre dieux et diables.

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     Le Caire, en 1925, « Haret El Yahoud », la ruelle aux Juifs. 
Un voyage dans le temps, et dans l’espace géographique au détour des ruelles du Caire. Des univers bien définis  la Hara le quartier Juif, la ville arabe, la Médina. Isma’leya le quartier des riches, et des Européens, chacun habitant dans sa zone géographique, mais se rencontrant dans les cafés, ou pour les affaires. Car les gens se sentaient Égyptiens, même si certains n’ayant pas de passeport, ni de nationalité étaient apatrides. 

    Le style de l’auteur Tobie Nathan, nous donne l’impression de lire un de ces contes orientaux, avec tous ses mystères, ses sortilèges, ses couleurs, les parfums aussi évoqués, ces odeurs des rues du Caire, et des villes orientales, où se mêlent effluves de l’encens, odeurs des épices offertes aux passants en des pyramides colorées, et odeurs de crottin, laissées au passage d’une bête de somme, d’un âne bâté jusqu’à s’écrouler ventre à terre, au grand bonheur des mouches et d’un oiseau ayant repéré quelques graines ou morceau de paille mal digéré.   
« Elles reconnurent d’abord les odeurs, ce mélange d’épices et de crottin, les effluves de friture, mélangés aux relents d’égout. Ça sentait à nouveau l’Egypte, la vraie, celle qu’elles connaissaient, à l’odeur forte, étouffée par le sable. Puis le bruit ; les cris des marchands de légumes, le grincement des roues des charrettes, les sabots des chevaux sur les pavés ronds, le passage des chameaux sous le regard méprisant des ânes. … » [p.114]
En Bref :
     « Ce pays qui te ressemble », c’est la vie de certains individus, hommes et femmes, Égyptiens et autres, juifs, musulmans et chrétiens, qui cohabitaient en parfaite harmonie, avant que des événements extérieurs au pays, n’amène une grosse perturbation dans les esprits et dans la vie des gens. 
     Les traditions des Égyptiens, culinaires parfois, encore de mise au XXIe siècle. 
«Esther s’était levée avant soleil, comme tous les matins. Elle avait préparé le café à la lueur d’une bougie, un café noir, très noir, dans la kanaka, la petite cafetière à longue queue. Puis elle avait servi le foul. A l’aide d’une fourchette, elle avait écrasé les fèves bouillies en versant une lampée d’huile d’olive et y avait ajouté de petits morceaux  d’œuf dur. Elle approcha son visage ; ça sentait bon le matin heureux. Ce n’était pas tous les jours qu’ils pouvaient s’offrir des fèves et des œufs au petit-déjeuner. D’habitude, c’était une simple galette de pain et un bol de thé presque translucide. » [p. 11-12]  
     Ce sont les rues, les maisons, où vivent les héros qui seront les points de repère de l’histoire. Tout en suivant l'Histoire contemporaine de ce début du XXe siècle, nous verrons évoluer trois jeunes garçons de milieux différents qui ont grandi ensemble dans ces rues du Caire. Trois enfants, évoluant dans ces maisons du Caire. Zohar, Joe di Reggio et Nino. C’est leur vie qui sera la trame de ce livre. 
     Tobie Nathan, évoquera, au fil de ces rues, le passé de certaines personnalités importantes de l’Histoire de l’Egypte, car ces Hommes d’Etat, ont été des enfants, des jeunes hommes étudiants aussi. 

Mon avis : 
     « La magie de l’Orient » vient encore de frapper ! 

     J’ai appris beaucoup sur la famille du roi Fouad, et de sa descendance, jusqu’à Farouk, qui dut affronter la Seconde Guerre Mondiale, et la fameuse « Afrika korps »  l’armée de Rommel ! Sans parler de l’Angleterre qui se voyait bien rester en Egypte ! La diplomatie française aussi. 
     Un djinn devait se cacher entre les lignes, et tel celui de la lampe d’Aladin, il s’est échappé à force de caresser les pages …  Je crois que je vais poser ce livre sur ma pile de livre à lire et à relire, afin de pouvoir m’attarder sur certains passages et les étudier un peu plus en détail. 

Pour en savoir plus : 
Éditeur : Stock
ISBN 978-2-234-07822-2
Date de parution : 19 août 2015
540 pages ; 215 x 135 cm ; broché 

Graphisme : Coco bel œil

©Léon et Lévy /Roger Violet
Prix : 22.50 €

vendredi 17 juillet 2015

Egypte éternelle 3 : Voyageurs en Egypte, avant et pendant l'Expédition de Bonaparte (1798 - 1801)

     
     Difficile d’évoquer l’Egypte, sans parler de ce qui va provoquer un engouement jamais égalé, dans notre monde moderne, au fil des ans. Encore aujourd'hui au début du  XXIe siècle, il faut voir le nombre de parution ayant pour thème l'Histoire antique de l'Egypte, des expositions, les documentaires programmés sur nos chaînes télé...

Affiche exposition "Bonaparte et l'Egypte" à l'I.M.A.
  • Quelques voyageurs se sont aventurés dans ces pays de l’Orient, dès le XVIe et le XVIIe siècle. 
     On peut sans crainte de faire erreur, penser que ces récits ont participé à l'envie d'organiser une grande expédition. 
     On trouve dans une publication de Denise Brahimi, "Voyageurs en Egypte, avant et pendant l'Expédition de Bonaparte" dans les Cahiers de la Méditerranée, année 1998, volume 57, pp 39-47, des références à ces premiers aventuriers ayant foulé le sol égyptien. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/camed_0395-9317_1998_num_57_1_1225

Elle cite trois d'entre eux, en particulier : 
• Savary Claude Etienne « Les Lettres sur l’Egypte » Paris, Onfroi parues en 1785-86




• Volney C. F. « Le Voyage en Egypte et en Syrie pendant les années 1783,1784, et 1785 » publié en 1788-89 (deuxième édition des Œuvres complètes, Paris, Parmantier Froment, 1825





• Vivant Denon  « Voyage dans la basse et la haute Egypte pendant les campagnes du général Bonaparte », Paris, Didot, An X, 1802.



  • L'expédition d'Egypte, (19 mai 1798 - 31 août 1801)
     Napoléon Bonaparte emmène avec lui une commission de savants composée d'ingénieurs, de littérateurs, de naturalistes, de dessinateurs, de deux musiciens que complètent vingt-deux imprimeurs.

     Il n’est pas encore question d’entamer des fouilles, mais de faire un « Etat des lieux ». Tous ces hommes ont pour mission première de rapporter ce qu’ils ont vu, constater, découvert, d’en faire le compte-rendu le plus fidèle, illustré de cartes, de peintures etc. 
On peut consulter de nos jours, dans diverses collections les originaux de leurs travaux. La technologie moderne, permet même de se rendre sur le site de la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie, qui en propose la consultation sur Internet. http://descegy.bibalex.org/fr/index.html 


     Avez-vous déjà eu l'occasion de contempler un tel chef d'oeuvre, le meuble qui contient la "Description de l'Egypte" ?  Un exemplaire a été vendu en 2011, chez Christie's à Paris. Pour ceux que cela intéresse, il est possible de lire la description en suivant ce lien :
 http://www.christies.com/lotfinder/books-manuscripts/description-de-legypte-ou-recueil-des-observations-5433986-details.aspx


L'ensemble est conservé dans son meuble d'origine en acajou et placage d'acajou (hauteur: 1220 mm; largeur: 1465 mm; profondeur: 840 mm; bâti en chêne), renommées de bronze ciselé et doré à la ceinture, partie supérieure formant pupitre garni de maroquin brun-rouge bordé d'une roulette dorée à motifs égyptiens identique à celle des plats des reliures, la façade ouvrant par deux vantaux découvrant onze tirettes, les montants à angles arrondis, la base en plinthe à léger ressaut (fentes). 
           Vivant Denon, lui a participé à cette grande épopée de ce siècle. Il en a fait la relation quotidienne. Nous lui devons également la possibilité d'un échange de point de vue entre les deux côtés d'un même événement. 

DENON, Dominique Vivant / JABARTI, 'Abd al-Rahman alSur l'expédition de Bonaparte en Egypte / Vivant Denon et Abdel Rahman el-Gabarti ; témoignages croisés et commentés par Mahmoud Hussein . - Arles : Actes sud, 1998 .- 329 p. : cartes , couv. ill. en coul. ; 18 cm.-(Babel) Glossaire.-2-7427-1458-8


Quatrième de couverture :

L’armée française débarque en Egypte, près d’Alexandrie, le 2 juillet 1798, après une extraordinaire partie de cache cache d’un mois et demi avec la flotte anglaise en Méditerranée. (…)
Bien au-delà des intentions personnelles de ceux qui ont conduit l’expédition, un immense événement a pris place, d’où l’Egypte et la France sortent à jamais différentes, parce que le regard que chacune d’elles porte sur le monde en est transformé. L’Egypte verra désormais autrement l’avenir. Et la France, autrement le passé. La première a subi l’effet de souffle de l’ouragan 1789, porteur des idées de liberté individuelle, d’égalité de droits, de la toute-puissance de la raison. La seconde, en découvrant l’Egypte des pharaons, a enfin trouvé les sources d’une Histoire de l’humanité qui n’est plus chrétienne ou européenne, mais universelle. De ce croisement de deux perspectives contraires, de cette rencontre inouïe dans un même espace de deux temps qui ne se touchent pas, il se trouve que nous possédons un double témoignage au jour le jour – deux chroniques qu’il suffisait de mettre en regard pour voir apparaître la trame de cette unique aventure.

Vivant Denon et Abdel Rahman el-Gabarti furent en effet idéalement placés pour en restituer l’ambivalente vérité. N’ayant pas eu à porter les armes, ils sont restés, chacun au sein de son camp, au plus près possible du camp adverse. C’est pourquoi aujourd’hui, en les lisant ensemble, on croirait les entendre dialoguant, à l’insu de leurs compatriotes respectifs, d’un événement qui les oppose et les réunit tout à la fois. Un événement dont, bien avant la plupart de leurs contemporains, ils pressentent les conséquences à venir.


Pour en savoir plus :
Editions : Actes Sud
collection : Babel 
n° 308
date de publication : octobre 2008
336 pages
ISBN : 978-2-7427-7789-1
Prix : 8,70 €


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jeudi 18 juin 2015

Egypte éternelle 2... De l'Antiquité à nos jours dans ma pile de livres, lus, à relire, ou à lire ! "Les Vergers d'Osiris" et "Vers le bel Occident" de Guy Rachet.

     Bientôt les vacances, pour beaucoup d’entre nous, période de plus de temps pour les loisirs, les lectures aussi. Je ne peux pas oublier de mentionner dans ma pile de livres, lus et relus, deux très beaux romans historiques, écrit par un amoureux de l’Égypte Antique, 
Guy Rachet,  "Les Vergers d'Osiris" et sa suite "Vers le bel Occident". 
Ses deux volumes, vous feront passer d'agréables heures. En admettant que vous ayez pu les trouver. Cela va peut-être relever d’une sorte de chasse au trésor, car il semble que les éditeurs premiers Olivier Orban ont disparu, remplacé par les Editions l’Archipel. Je ne connais pas les conditions de reprise, si le catalogue a suivi ou bien si les auteurs ont repris leurs manuscrits pour se faire rééditer dans d’autres maisons.  Il faut donc espérer que dans les collections de poche, comme J’ai Lu,  on propose encore ses livres.



"Les Vergers d'Osiris" 

Quatrième de couverture :
« " Les vergers d'Osiris ", c'est ainsi que les anciens Égyptiens avaient baptisé la verdoyante vallée du Nil qui a fait la richesse de leur pays. Mais, au XIIe siècle avant notre ère, la puissance de l'empire conquérant est sur le déclin : la brillante dynastie de Ramsès II s'éteint, laissant place à l'anarchie politique, tandis qu'au Nord pèse la menace d'une invasion barbare des Peuples de la mer. Merirê, dernier descendant de la XIXe dynastie, part à la découverte des immenses territoires de l'Empire et de ses comptoirs, témoignages de la grandeur passée. Son voyage le conduira des marais du delta du Nil au désert de Nubie, des palais de Thèbes aux rivages de la Grèce et de l'Asie Mineure où l'attendent de multiples aventures. Déchiré entre une orgueilleuse ambition personnelle et un profond attachement à sa patrie, Merirê devra choisir son destin. Et pour le trône d'Horus, il faut être prêt à un destin fabuleux... »

Pour en savoir plus :
Éditeur Olivier Orban, 1981, 
réédité en 1996 aux Éditions du Rocher sous le titre Les Vergers d'Osiris, le Prêtre d'Amon, tome 1(ISBN 2-268-02801-1) 
Date de parution : 12/02/1998

Editeur : Rocher (Editions du)

Collection : Champollion
ISBN : 2-268-02801-1
EAN : 9782268028019
Format : Grand Format
Présentation : Broché
Nb. de pages : 487 pages
Poids : 0.685 Kg
Dimensions : 15,5 cm × 24,0 cm × 3,2 cm


Type Ouvrage: Poche
Langue: Français
Genre: Historique
Éditeur: J'ai Lu
Collection: J'ai Lu
N° dans la collection: 1423
Date parution: 1983
Nombre de pages: 280
EAN: 9782277214236
ISBN: 227721423X



Type Ouvrage: Poche
Langue: Français
Genre: Historique
Éditeur: J'ai Lu
Collection: J'ai Lu
N° dans la collection: 1424
Date parution: 1983
Nombre pages: 284
EAN: 9782277214243
ISBN: 2277214248
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"Vers le Bel Occident"

   
  Quatrième de Couverture : 
          En ce temps où la grandeur de l'Egypte décline, où la dynastie des Ramsès s'achève dans l'anarchie, Merirê est jeté dès l'enfance dans l'aventure et le combat.
          Luttant pour faire reconnaître sa légitimité, il va des déserts de Nubie aux palais de Thèbes, il aborde aux rivages d'Asie où les Achéens assiègent Troie.
        Là, il s'éprend d'une fougueuse amazone, Myrina, et pourtant son cœur appartient toujours à Reshot, la petite princesse du Nil...
            Il ne sait où son destin l'emporte et l'Egypte avec lui…


   Pour en savoir plus :
   Éditeur Olivier Orban, 1981, 
   Collection: Orban GF
   Type Ouvrage: Grand Format
   Langue: Français 
   Genre: Historique
   Nombre de page : 
   Date parution: 1981
   ISBN: 2855651719
  
   Réédité 
   Editeur : J'ai lu (26 février 2001)
   Collection : Littérature Générale
   Langue : Français
   ISBN-10: 2277214248
   ISBN-13: 978-2277214243
   Dimensions du produit: 16,5 x 11 x 1,5 cm


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mercredi 17 juin 2015

Egypte éternelle ... De l'Antiquité à nos jours dans ma pile de livres, lus, à relire, ou à lire ! "Sinouhé l'Egyptien" de Mika Waltari

     Je ne prétends pas présenter une liste exhaustive des livres ayant l’Égypte comme cadre, ou comme thème. Simplement, une présentation des mes ouvrages lus, souvent relus avec plaisir, plusieurs fois même,  y trouvant toujours un nouvel intérêt car vu sous un angle différent.
     Évidemment, la première approche de mes lectures égyptiennes, fut l’Histoire du pays, puis quelques années plus tard, en 1979, la préparation de mon premier voyage, enfin sur ces terres … 

Mika Waltari : un incontournable, lorsque l'on veut se plonger dans cette ambiance. 


"Sinouhé l'Egyptien" 
Mémoires d’un médecin vers l’an 1350 avant J. C. 
Ed. Olivier Orban
     Nous arrivons à l’époque de l’évocation des lectures de l’été, des livres à mettre dans nos valises. En voici un, qui vous fera oublier tout le reste du monde autour de vous. Comme dans tous les livres de Mika Waltari, le style, la culture qu’il vous offre au fil des 636 pages, font de vous un lecteur heureux, et satisfait d’avoir pu assimiler une telle somme de connaissance, tout en ayant vibré pour une si belle histoire.

Extrait :
«Moi, Sinouhé, fils de Senmout et de sa femme, Kipa, j’ai écrit ce livre. Non pas pour louer les dieux du pays de Kemi, car je suis las des dieux. Non pas pour louer les pharaons, car je suis las de leurs actes. C’est pour moi seul que j’écris. Non pas pour flatter les dieux, non pas pour flatter les rois, ni par peur de l’avenir ni par espoir. Car durant ma vie j’ai subi tant d’épreuves et de pertes que la vaine crainte ne peut me tourmenter, et je suis las de l’espérance en l’immortalité, comme je suis las des dieux et des rois. C’est donc pour moi seul que j’écris, et sur ce point je crois différer de tous les écrivains passés ou futurs. … » [p. 7]

Pour en savoir plus :
©1977, Olivier Orban, pour la traduction française, 
ISBN : 2.855.65.061.5 
Prix : 74.00 F.
Il existe de nombreuses rééditions, dont je retiendrais celle de Gallimard, en format poche d'un prix abordable 8.50 €
Folio tome 1 (n° 1297), ISBN : 9782070372973
Folio tome 2 (n° 1298), ISBN : 9782070372980
Date de parution : 18-06-1981


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Adaptation cinématographique : 
     Je ne me permettrai pas de commenter la réalisation de ce film, par rapport au livre, sinon, que l'on peut admirer quelques beaux paysages intemporels. On sait que les américains prennent très souvent quelques libertés avec l'Histoire et avec l'histoire racontée dans les livres. 

L'Égyptien
1954 : L'Égyptien (The Egyptian), film américain réalisé par Michael Curtiz, 
d'après le roman Sinouhé l'Égyptien de Mika Waltari, 
distribution : 
Edmund Purdom (Sinouhé), Jean Simmons (Merit), Victor Mature (Horemheb), 
Gene Tierney (Baketamon), Michael Wilding (Akhénaton), Bella Darvi (Néfernéfernéfer) et Peter Ustinov (Kaptah).

on peut le voir sur YouTube dans une version de 2h 13mn 51s : 


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     Ceci n'est que la première partie de cette chronique consacrée à mes lectures sur l'Egypte. Rendez-vous prochainement pour une suite.

lundi 15 juin 2015

Un coup de cœur, "Des objets de rencontres" Lise Benincà.

"Des objets de rencontre" 
Lise Benincà, Ed. Gallimard


Quatrième de couverture :
     Lise Benincà a passé plusieurs mois au sein d'Emmaüs Défi, rue Riquet à Paris. Elle a eu l'envie de donner voix à ces objets patinés, dépareillés, parfois ébréchés mais toujours singuliers, qui sont passés de main en main avant d'arriver chez Emmaüs, cette association, créée par l'abbé Pierre, qui les revend à des prix modiques. 

     Puis la présence des hommes et des femmes, salariés en réinsertion professionnelle chez Emmaüs, aux parcours chaotiques, eux-mêmes en transit, eux-mêmes patinés par la vie, s'est imposée entre les lignes qu'elle écrivait autour des objets – fragiles échos d'existences passées et inconnues. Alors elle s'est mise à parler d'eux, aussi. De leurs trajectoires, de leurs espoirs, de leur détresse et de leur volonté. Ils sont ainsi devenus les personnages émouvants d'un récit qui retrace, à travers le prisme des choses, l'ambiance et la dynamique émanant de ce lieu étonnant, le métier de ceux que l'on appelle les «travailleurs sociaux», ainsi que la multitude des situations qui peuvent conduire à la rue. 

     C'est au pouvoir des mots et de la mémoire que l'auteur réfléchit, citant Perec et Giono, et plus généralement à celui des livres, «prêts à tout pour aider le monde à tenir debout». 

Mon avis :
      Une rencontre, par hasard, en été 2014. Ma fille, (unjour-unlivre.fr) reçoit de la Fnac une offre pour participer en tant que lectrice, afin de décerner le « prix littéraire de la rentrée ». Elle reçoit donc quelques livres à lire et à noter. Parmi le lot, comme une image se collant à tout chineur, j’ai eu le coup de cœur, pour l’idée et la photo de couverture. Cette assiette brisée, à recoller, exactement comme les gens qui travaillent avec Emmaüs ! Voilà ce que je me suis dit. Et après avoir terminé, j’ai mis la meilleure note, un vrai « coup de cœur », très déçue de ne pas avoir retrouvé ce livre dans les lauréats sélectionnés à la rentrée. 
     Voir le reportage au JT13h de France2, a fait resurgir dans ma mémoire la lecture de cet essai, consacré à ces gens  rescapés de la vie… 


     En découvrant ce récit touchant et son auteure Lise Benincà, je pense avoir trouvé, un moyen de passer de bons moments. J’aime les objets que l’on découvre dans les vide-greniers et autres bazars. 

« Au début, ce ne sont que des impressions fugitives qui vous font signe au passage, et que l’on ne remarque même pas : une légère impression de sympathie ou de tristesse, un instant de malaise, une surprise heureuse que l’on n’analyse pas un vague signe de connivence ou de complicité que vous font les objets familiers. Mais, sitôt que l’on a le temps de s’arrêter, de remarquer, de laisser monter des souvenirs voisins, les questions, les doutes et les joies, cachés tout au fond, montent comme un essaim de toute part, l’un appelant l’autre, tantôt soulevant des questions, tantôt y répondant, mais en fait, nous ouvrant tout un monde, qui nous entraîne en nous-mêmes, de plus en plus profondément. » [p. 132-133] (A propos du livre de Jacqueline de Romily "Les Roses de la solitude".)

     Cependant je n’avais jamais poussé le rapprochement, pourtant tellement évident, entre les objets et les êtres humains. Tels une assiette fêlée, une tasse ébréchée, les "Chapeau", "Commode", "Diadème", "Moteur", "Plume" et tous les autres surnoms qu’ils se donnent,  eux-aussi tentent de se réparer des accidents de la vie, et de se redonner une nouvelle chance en travaillant toutes les semaines pour proposer les ressuscités lors des ventes du samedi. 
     Lise Benincà va se faire accepter et à l’instar de ces hommes et ces femmes qui œuvraient à Emmaüs Défi, nous conter les objets qui ont accroché son regard, et ces rescapés de la vie dont les histoires  ont touché sa plume, sans voyeurisme !  Un merveilleux petit livre, tout en délicatesse et en tendresse pour l'être humain qui se cache au plus profond de ces "cassés de la vie" ! 
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Pour en savoir plus :
Editions : Gallimard/Joëlle Losfeld
Genre : Essais 
Thème : sociologie, démographie 
Catégorie > Sous-catégorie : Connaissance > Sociologie, anthropologie, démographie 
Époque : XXIe siècle.
ISBN : 9782072532139 
Date de parution : mai 2014
Pages : 216
Prix : 17.50 €
existe en e-book au prix de 12.99 €

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